Le rassemblement voulu par la LCR pour fonder le nouveau parti anticapitaliste est d’inspiration élitiste, très aristocratique.
Pourquoi ? par ce qu’il pré suppose que la forme d’action collective la plus efficace est le parti politique.
Tout cela trouve sa source dans une fiction. Un programme est considéré comme démocratique par ce qu’il est issu d’un débat mené et adopté par la base, après d’intenses controverses. Il est trop couramment admis que c’est ainsi que se fonde une nouvelle légitimité.
Cette approche est-elle juste et fondée ?
A l’aune de l’expérience des deux cents dernières années il est permis d’en douter.
Le système partisan a permis toutes les manipulations.
A "droite" où les multiples régimes autoritaires ont provoqué et continuent de provoquer les pires exactions et facilitent l’essor des régimes les plus fous (facisme, péronisme, bushisme, et leurs dérivés, narco régimes, théocraties de toutes confessions etc).
A "gauche" où les socialismes répressifs, les communismes de toutes obédiences, staliniens, khmers, capitalo chinois,etc, etc,...démontrent chaque jour que les "religions politiques" et les systèmes structurellement "démocratiques" (Hitler fût élu !) n’empêchent aucune dérive.
Ce n’est par ce qu’une organisation prône sa différence, qu’elle met en avant les vertus d’une "nouveauté" qu’elle donne des garanties pour la suite.
On rassemble sur des idées mais on dérappe sur les pratiques là où campent les ambitions de groupe, là où les caractères et les travers humains prennent l’ascendant sur le voeu pieux d’une "vision politique initiale".
Pour avoir depuis trente ans regardé fonctionner différents groupes d’action ou de réflexion politique, certains ayant eu beaucoup d’influence d’autres ayant tenté avec moins de succès mais de façon fort respectable de faire passer "des idées neuves", en regardant les reculs démocratiques que nous subissons et les pertes très significatives de liberté qui gagnent chaque jour du terrain, je considère qu’il y a risque à faire espérer qu’un nouveau parti politique, fût-il anticapitalisme, ce qui est très commode du point de vue argumentaire mais très court en tant que propositions, débouche à terme rapproché sur l’impossiblité de s’opposer réellement et efficacement, avant longtemps, aux forces sombres, discètes et efficaces du néo libéralisme triomphant.
En paraphrasant un adage célèbre je dirais que tous les partis politiques sont achetables, il suffit d’y mettre le prix.
Je ne dis pas que la vénalité des dirigeants politiques est certaine, je pense précisément le contraire, mais, pour avoir aidé et soutenu des personnes de grandes qualité dans leurs belles ambitions ( Michel JOBERT, Attac, José BOVE et d’autres moins connues) il m’apparait comme certain que le système partisan ou associatif est incapable, dans son fonctionnement actuel, en raison de son immersion dans un tissu démocratiques bloqué, perverti et défaillant, de nous donner les véritables moyens de lutte pour nous opposer efficacement aux prétentions du néo libéralisme.
Cela nous oblige à concevoir d’autres modalités d’action et d’autres pratiques.
En ce qui concerne la désignation des représentants du Peuple il faut rompre avec les pratiques actuelles et cesser de penser que l’élu sous la bannière de tel ou tel parti politique est une garantie de quoi que ce soit.
De compromis en impossibilités d’agir, bien des élus ne savent plus où ils vont, ni ne disposent d’aucun moyen réel de défendre efficacement et sincèrement des idées et des projets auxquels ils tiennent... Ils font ce qu’ils peuvent et ils ne peuvent que ce que l’on veut bien leur laissé faire , le "on" agissant le plus souvent s’en afficher, les intérêts méga économiques ayant besoin de l’ombre plus que du soleil, pour se développer...
Pour sortir de cette impasse généralisée ou se sont fourvoyés la démocratie et le sytème partisan, il faut innover, mettre en application concrête une nouvelle modalité de désignation de représentants du Peuple afin qu’ils soient vraiment représentatifs des intérêts de ce dernier, seul détenteur de la légitimité collective.
Le système électoral est manipulable à l’envi. Cherchons à atteindre notre objectif en demandant au hazard de réussir ce que l’habileté de nos adversaires nous interdit faire.
Au lieu d’avoir des représentant élus choisissons des représentants tirés au sort et faisant confiance à la démocratie transcendée en démopédie par l’action des associations d’éducation populaires, les partis politiques renouvellés dans leur utilité et leur mission, faisons confiance à la capacité de notre éducation nationale pour former et constament tenir en éveil le sens des responabilités du citoyen afin qu’il contrôle et inspire en permanence ses représentants ainsi désignés.
A tous les échelons de la vie publique il est possible de procéder par tirage au sort pour désigner nos représentants.
A l’échelon communal, sur la base de candidatures volontaires et en laissant aux élus le soin d’élaborer des contrats de mandatures proposés postérieuremenbt à leur désignation au conseil municipal. Chaque éléments du contrat de mandature devrait être soumis à l’approbation des habitants (pas simplement des citoyens...).
A l’échelon départemental et régionnal,ce qui n’interdit nullement de ce poser la question de la nécessité de maintenir ou non cette structuration de notre démocratie, les élus désignés par tirage au sort seraient, soumis aux mêmes procédures qu’à l’échelon municipal.
La désignation du chef de l’Etat, aujourd’hui très inféodé aux intérêts marchands, ne peut guère s’envisager sérieusement par un tirage au sort direct. Elle pourrait être le résultat d’un Forum national qui réunirait, par exemple, dix représentants par région, tirés au sort parmis les élus eux m^mes tirés au sort, ayant exercés un ou deux mandats dans des responsabilités de bon niveau. Ce Forum national, désignerait par tirage au sort,le Président de la République.
Fin des clientèlisme, fin, de l’influence des lobbies, fin des facilités de développement des pratiques qui manquent de respect au citoyen et lui interdisent d’exercer sa responsabilité.
Régis ROQUETANIERE
regisroquetaniere@wanadoo.fr
Voir en ligne : tirage au sort et démocratie
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