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La société du précariat

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En pleine crise du travail, pour garantir les droits sociaux et la protection des individus, il devient impératif d’articuler la mobilité à la protection des travailleurs. Entretien vidéo.

Entretien réalisé par Marc Bessin, sociologue, membre du comité de rédaction de Mouvements, Thomas Lacoste, rédacteur en chef du Passant Ordinaire et co-coordinateur de l’Autre Campagne et Jade Lindgaard, journaliste, rédactrice en chef de Mouvements.


D’une actualité brûlante et récurrente, la question sociale est pourtant l’une des thématiques relativement absente de la campagne électorale. Si l’on a beaucoup parlé du travail, de l’heure à laquelle il fallait se lever pour y aller, peu de choses par contre n’ont été dites sur les protections sociales qui lui sont adossées. On assiste en effet à un changement du statut de l’emploi. On prêche maintenant de toutes parts une société de pleine activité, sans se préoccuper des conditions dans lesquelles on voudrait faire travailler les gens. C’est ainsi que le working poor est devenu une figure centrale de la question sociale. Une société du précariat s’impose petit à petit au dépend de la société du salariat qui garantissait un statut et des protections au travailleur. Robert Castel, qui a beaucoup fait pour que le rapport au travail ne disparaisse ni de nos façons de comprendre les transformations du capitalisme, ni de nos réflexions sur ce que pourrait être une véritable refondation sociale, définit ici les enjeux du social aujourd’hui, au regard d’une évolution inquiétante dans laquelle les rapports de force ne sont pas favorables. Si l’on ne peut défendre en l’état le statut de l’emploi né du compromis social qui s’était constitué sous le capitalisme industriel, les garanties du droit social et de la protection sociale ne pouvant plus s’accrocher uniquement au travail stable, Robert Castel dit en substance que le défi à relever consiste à articuler la mobilité avec la protection des travailleurs. Propos recueillis par Marc Bessin, Thomas Lacoste et Jade Lindgaard, en collaboration avec l’Autre Campagne.

Pour lire les vidéos, cliquer sur la flèche

1

Comment définir, ce qu’on appelle "le social" ?

2

Qu’est-ce qui distingue les anciennes vulnérabilités de masse du phénomène contemporain de la précarité

3

Alors que les contrats de travail précaires ne représentent toujours qu’une faible part de l’ensemble des contrats de travail, et alors que les chômeurs ne représentent qu’un pourcentage réduit de la population active, pourquoi la crise du salariat et la fin du modèle de la société de plein emploi affaiblissent-elles en réalité l’ensemble du corps social ?

4

Que nous dit la réemergence de la figure du "travailleur pauvre" ?

5

Comment « la question raciale » (discriminations, revendications identitaires…) modifie-t-elle ces métamorphoses de « la question sociale » ?

Publié par Mouvements, le 17 avril 2007. http://www.mouvements.info/La-societe-du-precariat.html

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4 Messages de forum

  • Bonjour,

    La configuration de mon ordinateur (Linux sur PowerPC) et mon choix des logiciels libres ne me permettent pas de lire ces vidéos. Vous serait-il possible de les rendre téléchargeable dans un format lisible sur toutes les plateformes (avi, mpeg, ou mieux, ogg theora).

    merci à vous

    Voir en ligne : Des Bulles

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  • La société du précariat

    25 avril 2007 16:51, par anne-sophie
    En effet, n’y a t il pas d’urgence à régler cette question sociale ? Combien de temps accepeteront nous encore la dégradation du travail ? Quel monde voulons nous pour nous, pour nos enfants ? j’ai 24,et j’avoue que tout cela me fait peur... comment construire sa vie dans la vulnérabilité, l’instabilité et l’insécurité du travail ? Il faudrait peut être apporter des réponses politiques à cela... malheureusement pour l’instant ; bien qu’attentive aux débats.. je n’y perçois pas de réelles réponses, pas de rélles espoirs... Eclairer moi...

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  • MERCI

    25 avril 2007 16:53, par anne-sophie
    PS : Merci à monsieur Castel pour avoir partager ses analyses avec nous. je fais un mémoire sur les travailleurs pauvres en ce moment et je trouve cela passionnant..

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  • Merci

    14 mai 2007 13:29, par Yoann
    j’ai découvert M. Castel, ce grand homme, ce penseur de génie, sociologue parmi les meilleurs, il y a quelques années, avec son imposant ouvrage sur la métamorphose de la question sociale. merci à vous d’avoir mené cet entretien, passionant comme toujours avec Robert Castel, merci à lui pour ses analyses plus que pertinentes. merci aussi pour le dernier point, éclairage que j’attendais de la part de Castel sur cette "question ethnique" qui surexpose les populations des quartiers "sensibles" à la précarité. Faisant un mémoire sur des populations désaffiliées comme dirait Castel, étrangères et pauvres de quartiers pourris, cela ne peut que m"intéresser... Merci à vous !!

    Répondre à ce message

auteur Robert Castel
Sociologue, Robert Castel est Directeur d’Etudes à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Il a d’abord travaillé sur l’institutionnalisation du traitement social de la folie en impulsant une sociologie critique de la psychiatrie et de la psychanalyse (Le psychanalysme, Maspéro, 1973 ; L’ordre psychiatrique, Minuit, 1976 ; La société psychiatrique avancée. Le modèle américain, en collaboration avec F.Castel et A.Lovell, Grasset, 1979 ; La gestion des risques, Minuit, 1981). Il lance ensuite un programme de recherches sur les interventions sociales, la protection sociale, les transformations des politiques sociales, du travail et de l’emploi. Ces travaux analysent les processus de constitution de la société salariale, puis de leur effritement à partir du milieu des années 1970 et dégagent les conséquences de ces dynamiques sur l’intégration sociale et le statut de l’individu contemporain. Avec son ouvrage de référence (Les Métamorphoses de la question sociale. Une chronique du salariat, Fayard, 1995), Robert Castel s’est imposé, aux yeux d’un large public, comme analyste de la société salariale, des formes de la protection des individus ainsi que de leur remise en cause croissante, questions qui traversent ses ouvrages plus récents (Propriété privée, propriété sociale, propriété de soi. Entretiens sur la construction de l’individu moderne, en collaboration avec Cl. Haroche, Fayard, 2001 ; L’insécurité sociale. Qu’est-ce qu’être protégé ?, Le Seuil, 2003 ).

Pourquoi ce texte?

La connexion opérée par Robert Castel entre travail de recherche rigoureux et implication dans les débats politiques et sociaux, assez rare dans le paysage intellectuel français, en fait une figure singulière et précieuse. Il a récemment co-signé une tribune dans Libération (avec Marc Abéles, Etienne Balibar, Monique Chemillier-Geendreau, Yves Douroux, Françoise Héritier, Emmanuel Terray et Michel Tubiana) appelant la gauche, en cette campagne électorale 2007, à concentrer ses attaques contre le candidat de l’UMP (Vaincre Sarkozy… maintenant, Libération, 12 février 2007). Un an après la mobilisation contre le Contrat première embauche, si l’on a beaucoup parlé pendant la campagne présidentielle, du travail et de l’heure à laquelle il fallait se lever pour s’y rendre, peu de choses ont été dites sur les protections sociales qui lui sont adossées. On assiste pourtant à un changement du statut de l’emploi : une société du précariat s’impose petit à petit au dépend de la société du salariat qui garantissait un statut et des protections au travailleur. Si l’on ne peut défendre en l’état le statut de l’emploi né du compromis social qui s’était constitué sous le capitalisme industriel, les garanties du droit social et de la protection ne pouvant plus s’accrocher uniquement au travail stable, Robert Castel dit en substance que le défi à relever consiste à articuler la mobilité avec la protection des travailleurs. Pour Mouvements, reconstituant l’historique de la notion de « social », il analyse les transformations du phénomène de la précarité avant et après la constitution de l’appareil de protection sociale. Et complète sa réflexion, apport inédit nourri de l’exemple des émeutes de banlieues de l’automne 2005, d’une analyse sur les effets de l’émergence des « questions raciales » sur les métamorphoses de la question sociale.

Mots clés

Précarité Travail

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