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La France et ses étrangers

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« Subie », « choisie » ou ignorée, l’immigration est un laboratoire de politiques répressives qui dissimulent leur brutalité derrière la rationalité gestionnaire de leur discours. Entretien vidéo.

Depuis 1980, les lois sur l’immigration se sont succédées à un rythme ininterrompu, constituant le droit des étrangers au séjour et à l’asile en enjeu politique central, et en point stratégique –même si de variable intensité- de l’opposition gauche/droite. Cette surproduction législative ne cesse de façonner l’étranger en figure dangereuse, éternellement chargée de suspicions de fraude et d’irréductible altérité : autrefois obligation qui s’appliquait aux pouvoirs publics, l’intégration est désormais une injonction adressée à ceux qui veulent venir vivre en France. La juriste Danièle Lochak, professeure de droit à l’université Paris X Nanterre, ancienne présidente du groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti, http://www.gisti.org/), et vice-présidente de la Ligue des droits de l’homme (http://www.ldh-france.org/), voit dans ce glissement progressif une logique têtue, celle de la vision de plus en plus « rentable » de l’immigration, de plus en plus envisagée en fonction des besoins de l’économie française, et de moins en moins fondée sur les droits des personnes concernées. Inquiétante évolution nationale qui se double d’une politique européenne d’invisibilisation des frontières : grâce au maintien à distance des migrants, relégués dans des camps dressés loin de nos frontières, l’opinion publique ignore les politiques répressives qui se tiennent en son nom. Propos recueillis par Thomas Lacoste et Jade Lindgaard, en collaboration avec l’Autre Campagne (http://www.lautrecampagne.org/).

1

Dans quelle mesure la question du droit des étrangers (code d’entrée et de séjour sur le territoire, droit d’asile, droit de la nationalité…) concerne-t-elle en réalité tous les Français ? (Pour lire la vidéo, cliquer sur la flèche).

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Depuis 2002, la France a connu une surproduction législative et réglementaire sur l’immigration (lois de 2003 et 2006, circulaires sur les conditions d’interpellation des sans papiers de février 2006…). Quels sont les effets de ces politiques sur les représentations sociales de l’immigration ? (Pour lire la vidéo, cliquer sur la flèche).

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De toutes les dimensions « invisibles » de la question de l’immigration en France, sur laquelle souhaiteriez-vous aujourd’hui émettre une alerte ? (Pour lire la vidéo, cliquer sur la flèche).

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Que pensez-vous des déclarations et propositions suivantes de candidats à la présidentielle :

Nicolas Sarkozy : « Je n’accepte pas qu’on veuille s’installer en France sans se donner la peine de parler et d’écrire le Français ».

Ségolène Royal : Régulariser les sans papiers à partir de critères fondés sur la durée de présence en France (rétablissement de la règle des 10 ans), la scolarisation des enfants et la possession ou la promesse d’un contrat de travail.

José Bové : présenter des sans papiers aux législatives de juin 2007. (Pour lire la vidéo, cliquer sur la flèche).

Publié par Mouvements, le 29 mars 2007. http://www.mouvements.info/La-France-et-ses-etrangers.html

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auteur Danièle Lochak
Juriste, professeure de droit à l’université Paris X Nanterre, ancienne présidente du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), et vice-présidente de la Ligue des droits de l’homme.