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L’âge limite de la maternité : corps, biomédecine, et politique

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En France, l’assistance médicale à la procréation (AMP), est réservée aux couples composés d’une femme et d’un homme « en âge de procréer », une définition étrange, puisqu’il s’agit souvent d’individus, ne pouvant pas avoir d’enfants, et ce quel que soit leur âge. Il s’agit ici d’étudier la détermination, nécessairement arbitraire, de « l’âge de procréer » des hommes et des femmes dans le cadre de l’accès à l’AMP, puis d’examiner le traitement de l’infertilité lié à l’âge. Les attitudes envers l’utilisation des nouvelles techniques de la biomédecine pour repousser la limite de fertilité des hommes et des femmes varient d’un pays à l’autre. Cette variabilité reflète à la fois les règles qui ordonnent, dans un pays donné, l’organisation de l’assurance-maladie et l’utilisation du corps, mais aussi des attitudes envers le vieillissement, notamment féminin.

Le cadre légal de l’utilisation des techniques de l’AMP (assistance médicale à la procréation) fixé en France par la loi du 24 juillet 1994 (loi n° 94-654), stipule que « l’assistance médicale à la procréation est destinée à répondre à la demande parentale d’un couple. Elle a pour objet de remédier à l’infertilité dont le caractère pathologique a été médicalement diagnostiqué (…). L’homme et la femme formant le couple doivent être vivants, en âge de procréer, mariés ou en mesure d’apporter la preuve d’une vie commune d’au moins deux ans préalablement au transfert des embryons ou à l’insémination ». La révision des « lois de bioéthique » d’août 2004 (loi n° 2004-800) n’a pas touché au principe selon lequel seul un couple hétérosexuel stable pouvait avoir accès à ces techniques en France [1]. La contraception a permis aux femmes de retarder le moment de la grossesse jusqu’à ce qu’elles se sentent prêtes à devenir mères. À cette occasion, certaines découvrent qu’elles ont un problème de fertilité. Les grossesses plus tardives réduisent la durée de la période fertile de la femme : celles qui ont leur premier enfant vers vingt ans restent souvent fertiles plus longtemps que celles qui l’ont beaucoup plus tard. Les femmes se sentent parfois partagées entre le désir de ne pas s’encombrer trop tôt par des tâches maternelles et la tyrannie de leur « horloge biologique ». Le problème de fertilité d’une femme d’âge plus avancé est fréquemment aggravé par le fait que son partenaire souffre également de diminution de la fertilité, liée à l’âge. Bien que le déclin de la fertilité masculine soit plus progressif que l’arrêt de la fertilité féminine à la ménopause, la fertilité des hommes diminue elle aussi avec le temps [2]. Or les techniques d’AMP permettent aux femmes ménopausées d’être enceintes. Ces méthodes pourraient donc être utilisées pour réduire l’écart entre la longueur de la période fertile chez l’homme et la femme et contribuer ainsi à mettre en question le partage entre hommes vieillissants mais toujours fertiles et femmes vieillissantes ménopausées. L’utilisation de ces techniques en France va pourtant dans le sens opposé.

L’AMP en France : utilisation différentielle des techniques

L’AMP est très strictement encadrée par la loi française. Celle-ci définit des entités telles que « l’âge de la procréation » pour un homme ou pour une femme [3]. L’établissement des règles de fonctionnement des banques de sperme utilisées pour l’insémination avec donneur (IAD), a permis une première distinction « officielle » entre la définition des fertilités masculine et féminine. Les banques de sperme ont en effet décidé d’adopter une règle informelle fixant l’âge maximal de la femme traitée à 40 ans, et celui de son partenaire à 55 ans ; choix fondé sur un simple constat : ce traitement fonctionne beaucoup moins bien (en moyenne) chez les femmes de plus de 40 ans, tandis que l’age limite pour la collecte de sperme de « bonne qualité » a été établi à 55 ans. En définissant la limite d’âge pour le partenaire mâle (et stérile) d’un couple qui a droit à l’IAD, les banques du sperme ont pris une décision complètement arbitraire, l’homme n’ayant aucun lien biologique avec l’enfant à naître. Mais cette décision a établi un écart de quinze ans entre l’âge maximal acceptable de la maternité et celui de la paternité [4].

La fécondation in vitro a été développée comme moyen de traiter les stérilités féminines d’origine tubulaire. Ceci signifie que les trompes de Fallope sont bouchées, le plus souvent à cause d’une infection. La femme qui a de bons ovocytes, peut garder une grossesse sans problème, mais ne peut pas être enceinte. L’IVF a été inventé pour résoudre ce problème mécanique.

Dans ce type de stérilité, les manipulations hormonales et chirurgicales utilisées dans le cadre de la fertilisation in vitro (FIV) pour le prélèvement des ovocytes ont dans un premier temps été perçues comme la continuation des traitements destinés à rendre perméables les trompes. Par la suite, la FIV a également été utilisée pour traiter les stérilités féminines d’origine inconnue, puis, de manière croissante, les stérilités masculines. Les médecins ont constaté que la fécondation en tube à essai pouvait se faire avec du sperme pauvre en spermatozoïdes viables. En outre, une technique, l’« intracellular sperm injection » (ICSI), développée dans les années 1990, permet, grâce à la sélection et l’injection d’un seul spermatozoïde dans l’ovocyte, d’obtenir des grossesses à l’aide de sperme contenant très peu de gamètes viables. Un homme défini comme stérile avant l’avènement de l’ICSI en raison d’un nombre insuffisant de spermatozoïdes viables, peut ainsi, grâce à cette technique, devenir le père biologique de ses enfants. Ceci a permis à certains spécialistes de proclamer la fin des stérilités masculines.

À ses débuts, l’ICSI a toutefois soulevé de nombreuses objections. Dans son premier avis publié sur le sujet (mars 1994), le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) émettait des réserves sur cette technique thérapeutique inhabituelle, qui soignait l’infertilité de l’homme en faisant subir des traitements à la femme, pourtant féconde. En outre, l’ICSI peut présenter à la fois des risques pour l’enfant à naître - notamment en raison du remplacement de la « sélection naturelle » du spermatozoïde fertilisant par le choix arbitraire d’un scientifique - et pour la femme, en raison des dangers liés à la procréation assistée [5]. La question de la légitimité de la manipulation médicale du corps de la femme dans le but de « guérir » un défaut biologique de son partenaire, a par la suite disparu des débats autour de l’ICSI. Ces débats ont dès lors été focalisés exclusivement sur les dangers pour l’enfant à naître.

Avec le constat que l’ICSI ne semblait pas produire un taux plus élevé de malformations fœtales que la FIV « classique », cette technique a été introduite très rapidement dans les traitements de toutes les stérilités d’origine masculine, y compris celles liées à l’âge. Avec l’ICSI finalement, la seule condition pour un homme de devenir le père biologique d’un enfant est de trouver une partenaire qui accepte de concevoir par FIV. Dans la pratique, l’ICSI devient souvent une méthode de vérification de la « qualité des ovocytes ». Chaque homme, même celui dont le sperme contient un nombre infinitésimal de spermatozoïdes viables, peut en effet tenter de devenir père avec l’aide d’une femme dotée d’ovocytes de « bonne qualité ». En revanche, si la cause d’échec de la FIV est attribuée à la « mauvaise qualité des ovocytes », cela signifie très souvent que la femme (si elle se conforme aux règles établies par la loi française) doit définitivement renoncer à la grossesse.

Le problème de la diminution rapide de la fertilité féminine avec l’âge est bien réel. Selon des données cumulatives en France [6], le taux de réussite de la FIV reste à peu près constant chez les femmes jusqu’à l’âge de 37 ans (réussite de 20-25 %), chute de moitié entre 38 et 42 ans, puis baisse encore plus rapidement après 42 ans (moins de 5 % de réussite après 42 ans). En parallèle, après 38 ans, on constate une augmentation des avortements spontanés et des grossesses pathologiques. En voie de conséquence, certains centres d’AMP déconseillent cette technique pour les femmes de plus de 38 ans ; d’autres sont plus flexibles et acceptent des femmes jusqu’à 42-43 ans, sous condition de bon bilan hormonal. L’âge féminin peut enfin jouer un double rôle dans la mise en œuvre de l’AMP : d’une part le rapprochement de la « limite d’âge » crée une situation d’urgence et raccourcit les délais d’attente ; d’autre part, des femmes qui ont dépassé une telle limite peuvent se voir refuser l’accès à la FIV.

La FIV permet de dissocier maternité génétique et maternité liée à la gestation, en revanche, la paternité ne peut être que génétique. Des femmes n’ayant plus d’ovocytes fonctionnels ne peuvent pas devenir les mères biologiques de leur enfant, mais peuvent toutefois être enceintes grâce au don d’ovules. Les difficultés des femmes plus âgées à concevoir étant souvent liées à la moindre qualité de leurs ovules, elles pourraient être résolues en utilisant ceux d’une femme plus jeune. La démarche est loin d’être idéale, car elle implique la médicalisation lourde des deux femmes : la donneuse et la receveuse. Elle est pourtant efficace. Le taux de succès de grossesse chez une femme de plus de 45 ans qui reçoit un ovule d’une donneuse est identique à celui d’autres variantes de la FIV [7]. De plus, par rapport à l’IAD, le don d’ovule met peut-être moins en danger l’équilibre symbolique au sein d’un couple hétérosexuel, puisque l’homme est le père génétique de l’enfant à naître, tandis que la femme est enceinte et accouche, bien qu’elle ne soit pas la mère génétique de cet enfant.

Une telle solution n’est pourtant pas possible en France. Selon les règles en vigueur, le don d’ovule est considéré comme une procédure d’exception, ne pouvant être utilisée que par de jeunes femmes dépourvues d’ovocytes pour des raisons médicales bien précises (défaillance innée, ménopause précoce, traitement anticancéreux). Les femmes supposées infertiles en raison de leur âge - c’est-à-dire, principalement, à cause de la rareté des ovocytes fonctionnels chez les femmes de plus de 40 ans - ne peuvent pas en bénéficier [8]. En outre, en France, une femme reconnue comme « ayant droit » au don d’ovocyte, doit obligatoirement trouver elle-même une donneuse - souvent parente ou amie - prête à fournir des gamètes à une autre femme (don de gamètes anonyme et gratuit) [9]. Il n’est pas facile de persuader une femme n’ayant pas elle-même de problème de fertilité, d’entreprendre de nombreux examens médicaux, de suivre un traitement hormonal contraignant et de subir une intervention chirurgicale pénible. Il n’est donc pas étonnant que les donneuses soient rares et que l’attente pour un don d’ovocytes soit très longue, malgré les restrictions sévères liées à ses conditions d’accès [10].

Le discours officiel légitime la grande difficulté d’obtenir un don d’ovocyte en France, notamment pour traiter une diminution de fertilité liée à l’âge, par la crainte du développement du commerce d’ovocytes et l’exploitation potentielle des femmes. Or il est possible d’obtenir des ovocytes sans pour autant créer des circuits commerciaux. Il suffit que les femmes soumises à des traitements visant à « récolter » ses ovocytes afin de suivre un cycle de FIV, donnent une partie des ovocytes prélevés à d’autres femmes (la clinique s’engageant à ce qu’un tel échange ne compromette pas les chances de grossesse de la donneuse). Ce principe a été appliqué en Grande-Bretagne. Des cliniques de traitement de l’infertilité (privées, ce type de traitement n’étant couvert que de façon exceptionnelle par le service de santé national), y ont mis au point des programmes de « partage des ovocytes ». Les femmes qui donnent une partie de leurs ovocytes sont traitées à moindre coût, une partie importante de leurs dépenses médicales - celles qui relèvent de la collecte des ovocytes - étant payées par le couple ou la femme bénéficiaire. En Grande Bretagne, le partage des ovocytes évite ainsi à des femmes en bonne santé des traitements contraignants, pénibles et risqués ; il limite les dangers de développement d’un marché de gamètes femelles, puisque la receveuse n’achète pas les ovocytes, mais rembourse les dépenses médicales nécessaires pour les obtenir [11]. On pourrait envisager une variante française de ce programme qui garderait le principe d’anonymat et de gratuité totale ou partielle du don, tout en permettant d’élargir considérablement le nombre de femmes à pouvoir en bénéficier. Encore faudrait-il en avoir la volonté politique. Or une utilisation plus large du don d’ovocytes risquerait de mettre en question les dispositifs de la loi française, qui accordent une préférence à la parenté génétique. Elle risquerait aussi de mettre en question la définition légale du « couple en âge de procréer », qui, en France, renvoie à l’image d’un couple hétérosexuel composé d’une femme de moins de 40 ans et d’un homme sans limite d’âge.

Les mères « d’un certain âge » aux États-Unis : grossesse, âge et lois du marché

Dans la plupart des pays occidentaux, l’accès à l’AMP est moins restrictif qu’en France. Les femmes qui n’ont pas le droit de bénéficier des services de l’AMP dans l’hexagone - homosexuelles, femmes seules ou ayant besoin d’un don d’ovocyte - peuvent s’adresser à des cliniques privées en Belgique ou en Grande Bretagne à condition d’en avoir les moyens. La législation française n’est donc véritablement rigide et incontournable que pour les plus démuni-e-s. C’est aux États-Unis que la libéralisation de l’AMP est allée le plus loin. L’AMP n’y est que très partiellement réglementée, avec des différences importantes d’un État à l’autre. Certains exigent des assureurs privés qu’ils couvrent un certain nombre de traitements ou les dépenses liées à la FIV en fonction d’un plafond préétabli, d’autres n’exigent aucun remboursement. Le recours à une mère porteuse est autorisé dans certains États et interdit dans d’autres [12]. En règle générale cependant, l’AMP aux États-Unis est soumise aux mêmes contraintes légales que d’autres pratiques médicales exercées sur des sujets bien portants, telle la chirurgie esthétique. Le législateur s’intéresse avant tout à la compétence des praticiens et au respect des règles de sécurité sanitaire. Les gamètes mâles et femelles sont considérés comme une marchandise comme une autre. Le traitement de la stérilité est devenu une industrie lucrative et hautement compétitive : les institutions impliquées s’accusent mutuellement de manipuler leurs résultats et d’offrir des conditions financières particulièrement favorables aux « bonnes » candidates, afin de pouvoir afficher de meilleurs résultats et d’attirer davantage de clients [13].

Les femmes nord-américaines plus âgées qui n’ont plus d’ovocytes fonctionnels peuvent utiliser les services de donneuses d’ovocytes. La vente d’ovocytes obéit à des règles d’échange sur un marché libre. Des institutions, tel le Genetics & IVF Institute (Fairfax Virginia), ou les Fertility Institutes de Los Angeles et Las Vegas, fournissent sur demande une liste de centaines de donneuses d’ovocytes potentielles, disponibles immédiatement et classées selon leur « race » (asiatique, caucasienne, noire, hispanique), leurs caractéristiques physiques (couleur de la peau, des yeux, des cheveux, taille, poids, corpulence) et leur niveau d’éducation. Le don d’ovocyte est une activité contraignante et comportant des risques pour la santé, mais sa rémunération en fait une option attractive, notamment pour les étudiantes, à qui elle permet par exemple de financer une partie de leurs frais d’études (très élevés aux États-Unis). Puisque la pratique aux États unis est non-régularisée, il n’y a pas de données chiffrées sur les diverses procédures d’AMP ou le nombre des IVF. On peut néanmoins supposer que le nombre d’ovocytes vendus par an se compte en milliers. Une « collecte » d’ovocytes en une seule ponction se vend entre $5 000 et $10 000. On trouve des annonces dans des journaux des universités d’élite émanant de couples prêts à payer jusqu’à $40 000 pour des ovocytes vraiment « supérieurs » (on demande une intelligence hors pair, une grande beauté, et des origines ethniques précises). Par contre la qualité du sperme est beaucoup moins importante - ce sont le plus souvent les étudiants qui la fournissent, mais les « acquéreurs » ne demandent pas en règle générale une qualité « supérieure" »– le produit « ordinaire" » convient parfaitement, si le donneur est en bonne santé physique et mentale, étudiant d’une bonne université (garantie d’intelligence normale) grande (très important !) et a des traits physiques voulus pour la mère/le couple (avant tout race, mais aussi corpulence, couleur des yeux et des cheveux). Le prix de sperme est standard, entre $500 et $1 000 (le prix est justifié par de nombreux « tests de qualité » pour exclure infections et défauts évidents, plus les frais de gestion, le stockage et l’envoi). Il n’y pas de marché du sperme des « étudiants d’université d’élite » ou de celui des hommes exceptionnellement beaux. L’asymétrie entre les demandes de qualité pour œuf et sperme est intriguante (puisque les deux gamètes ont une contribution égale au patrimoine génétique de futur enfant)—mon hypothèse : puisque ce sont les futurs pères qui fertilisent l’œuf, ils veulent un produit dit « supérieur ».

Un débat animé sur les aspects éthiques de la vente d’ovocytes oppose ceux qui la considèrent comme un exercice du droit à disposer librement de son corps, et ceux pour qui elle peut être assimilée à l’exploitation du corps des femmes [14]. Les donneuses elles-mêmes sont conscientes des aspects problématiques du commerce d’ovocytes, et utilisent des stratégies qui neutralisent ces aspects, en manipulant par exemple les données biographiques qu’elles livrent pendant les interviews destinées à établir leur aptitude à être donneuse (pour ne pas se sentir totalement démunies face à l’institution médicale) ou encore en présentant leur acte comme une action altruiste, destinée à aider une autre femme (ce qui permet de neutraliser les critiques concernant la vente de leur patrimoine génétique) [15].

Le don d’ovocytes élargit considérablement la période durant laquelle une femme peut devenir mère, l’étendant jusqu’à 55 ans, voire plus. Les mères « d’âge élevé de grossesse », selon les experts, sont plus exposées que les autres à des grossesses à complications et prennent donc plus de risques pour leur propre santé. En revanche, leurs chances d’être enceintes grâce au don d’ovocyte, de mener leur grossesse à terme et d’accoucher d’un enfant en bonne santé sont comparables à celles des utilisatrices plus jeunes de la FIV. Aux États-Unis, il est donc possible de s’éloigner du modèle de « projet parental » français, qui ne peut se réaliser que par « un homme et une femme en âge de procréer ». Les couples de lesbiennes peuvent par exemple choisir le partage de la maternité biologique : grâce à la FIV, l’une peut devenir la mère génétique et l’autre, celle qui porte et met au monde l’enfant. De même, les homosexuels mâles peuvent devenir pères grâce aux mères porteuses, et ces dernières se disent parfois fières d’avoir aidé un couple non-conformiste [16].

Le système de régulation par le marché offre un plus large éventail d’arrangements créatifs de la parenté et une symétrie plus grande entre hommes et femmes, hétérosexuels et homosexuels. Il facilite aussi des grossesses tardives. Mais cette régulation par l’argent renforce les clivages sociaux et transforme la liberté d’innover - y compris dans le domaine de l’extension de l’âge de la maternité - en privilège des classes aisées.

Des enfants pour la nation : Grossesses des femmes âgées en Israël

Israël est sans doute le meilleur endroit au monde où recevoir un traitement AMP, en particulier pour des personnes qui n’ont pas des ressources financières illimitées. Pour des raisons à la fois culturelles (valorisation de la procréation et de la maternité dans la culture juive traditionnelle) et politiques (la volonté de combattre le « danger démographique » lié à la haute fertilité de la population palestinienne), Israël a en effet adopté une politique très libérale de remboursement des services d’AMP [17]. Une loi de 1995 a ouvert l’accès à l’AMP à toutes les femmes, sans limites formelles d’âge. Elles ont obtenu le droit à un nombre illimité de cycles de FIV financés par le système de santé national d’assurance-maladie, ceci jusqu’à la naissance de deux enfants [18]. Le traitement systématique des femmes plus âgées et n’ayant que peu de chances de concevoir grâce à l’AMP s’est toutefois soldé par un taux relativement faible de réussite par cycle - 10 % pour les femmes de moins de 40 ans, 5 % pour celles de plus de 40 ans. En conséquence, alors que le pourcentage d’enfants nés en Israël grâce à la FIV est moins que deux fois supérieur à la moyenne des pays occidentaux (2,1 % des naissances en 1996), le nombre de cycles de fertilisation y est de 5 à 10 fois plus élevés. La multiplication des tentatives de FIV reflète bien l’accessibilité du traitement, mais aussi la force des normes sociales qui exigent de chaque femme d’avoir des enfants, coûte que coûte [19]. La politique d’accès quasi-illimité aux services d’AMP a été atténuée en 1999, lorsque le ministère de la santé israélien a imposé des limites d’âge pour l’accès au traitement. Il s’agit toutefois de limites très généreuses en regard des critères européens : 45 ans pour un traitement avec les ovocytes de la femme elle-même, 51 ans avec ceux d’une donneuse [20]. Cette dernière technique est considérée comme non-exceptionnelle et est utilisée fréquemment.

Le transfert des ovocytes est cependant compliqué par les règles religieuses. Les rabbins ont été, dans leur grande majorité, très favorables à l’AMP, puisque cette technique permet de réaliser l’injonction biblique « soyez féconds et multipliez-vous ». Mais les règles de la religion juive rendent certaines techniques d’AMP, y compris le don d’ovocyte, plus difficiles. Selon la loi judaïque en effet, un enfant né d’une femme mariée et d’un homme qui n’est pas son mari, est exclu de la communauté et ne peut pas épouser une personne juive. Une juive religieuse ne peut donc pas accepter le don d’ovocyte d’une femme juive mariée, puisqu’un tel ovocyte, fertilisé avec le sperme de son mari, produirait un enfant adultérin. En voie de conséquence, les ovocytes les plus recherchés sont ceux des femmes juives non mariées. Ceux des femmes non juives ne sont pas autant valorisés, mais il n’y pas d’interdiction absolue quant à leur utilisation, puisque la plupart des rabbins considèrent la femme qui accouche comme la véritable mère de l’enfant à naître. Sorti d’un utérus juif, l’enfant sera un juif de plein droit selon la loi rabbinique [21].

État, économie, et « âge de la reproduction »

La France est dotée d’une longue tradition nataliste et d’intervention étatique ayant pour but la production de « bébés de bonne qualité ». Cette tradition est à l’origine de nombreux acquis sociaux, tels que les services de protection maternelle et infantile, les allocations familiales ou les congés maternité payés. Elle a aussi généré un « paternalisme d’État » et une alliance objective entre l’Église et la République pour maintenir l’assignation des femmes à la maternité et au foyer [22]. La tradition d’intervention de l’État dans la procréation naturelle a sans doute facilité l’acceptation d’une intervention étatique forte dans la régulation de l’AMP. Les lois et les règlements qui encadrent l’accès à l’AMP en France sont fondés sur une vision conservatrice de la parenté qui reproduit aussi étroitement que possible les « conceptions naturelles ». Ils reproduisent aussi la perception « naturelle » de la fertilité féminine comme fragile et limitée dans le temps et celle de la fertilité masculine comme stable et illimitée.

Aux États-Unis par contraste, les hôpitaux et autres institutions de la santé ont été, dès leurs origines, façonnées par le marché capitaliste. Ainsi la gestion des hôpitaux a toujours été confiée à des hommes d’affaires puissants. En même temps, les tribunaux ont été, davantage que le pouvoir législatif, le principal lieu d’établissement de règles concernant les limites du pouvoir médical [23]. Cette double tradition qui a établi l’importance du marché et des tribunaux dans la gestion des corps sains et malades, a ouvert la voie à une gestion d’AMP fondée sur les lois de marché, et réglée par le contrat entre fournisseurs des services et utilisateurs. La réglementation très libérale de l’AMP n’impose pas de limites formelles à l’âge de reproduction des femmes, elle rend possible l’achat des ovocytes dans un marché libre... Cette vision beaucoup plus flexible de la parenté, ancrée dans le principe de la liberté de commerce et d’entreprise, a un certain potentiel de subversion des normes tenues auparavant pour « naturelles », y compris l’âge « normal » de la maternité - au prix d’une naturalisation non problématisée de la transformation des ovocytes en une marchandise.

Le modèle israélien est fondé quant à lui avant tout sur l’idée que la collectivité doit favoriser la production d’enfants (juifs) de « bonnes qualité ». Il intègre également une très grande valorisation de la maternité ainsi qu’une dévalorisation symétrique des femmes qui ne sont pas mères [24]. Toutes les mesures qui contribuent à favoriser les femmes dans la production d’enfants sont encouragées, y compris (dans les limites du raisonnable et de l’économiquement acceptable), les grossesses chez les femmes plus âgées. Bien que le système de santé ait fini par imposer des limites d’âge pour le traitement gratuit des infertilités féminines, de telles limites continuent à être très libérales par rapport aux normes européennes. La maternité est ainsi perçue comme un bien absolu : pour la collectivité, mais aussi pour les mères, et l’État est prêt à consacrer des moyens considérables pour encourager les naissances, y compris chez les femmes de plus de 40 ans.

La procréation a-t-elle un âge ?

L’identification actuelle de la fertilité féminine avec un corps jeune continue d’être un obstacle puissant à l’acceptation de la grossesse chez les femmes au-delà de l’« âge naturel de procréer ». Que l’assistance médicale à la procréation apparaisse facile ou problématique selon qu’elle pallie l’infertilité de l’homme ou de la femme, elle peut se fonder sur des invariants biologiques : la durée moyenne des fertilités masculine et féminine, la complexité plus grande du système reproductif féminin, et les dangers de la grossesse au-delà de 40 ans ; et parallèlement, sur des « faits culturels indiscutables », tels que l’importance des mères pour les enfants en bas âge. Mais tous ces arguments demeurent insuffisants pour expliquer les réticences vis-à-vis de l’utilisation des techniques d’AMP par des « femmes d’âge reproductif avancé », et la rareté des réticences similaires pour leurs équivalents masculins (le terme « hommes d’âge reproductif avancé », d’ailleurs, est absent de la littérature professionnelle).

Le paradoxe est profond : la fréquente invocation des limites naturelles pour la reproduction humaine se fait dans le contexte hautement artificiel d’un traitement agressif, effectué sur des individus « naturellement infertiles », par le biais de technologies médicales complexes. Le traitement médical des femmes candidates au IVF est très lourd : de nombreux tests invasifs, un traitement hormonal qui a des effets secondaires importants, laparotomie – prélèvement chirurgical des ovules (parfois à répétition). Les femmes qui suivent ce traitement sont souvent très motivées, et prêtes à tout faire pour devenir mères. Toutefois quelques (rares) articles parlent de leur souffrance, physique et morale —et du fait que les femmes ont tendance à cacher la difficulté, la pénibilité ainsi que la potentielle humiliation du traitement. Une fois qu’elles auront réussi à être enceintes, Elles « effaceront » de leur mémoire cette lourde médication.

La grossesse d’une femme mûre est certes plus risquée que celle d’une femme plus jeune, mais on oublie souvent de dire qu’on ne parle pas de femmes âgées de 80 ans, mais plutôt des femmes qui ont entre 40 et 55 ans et sont en bonne santé, des éléments qui limitent les dangers de la grossesse. Il suffit d’opposer cet empressement à protéger les femmes d’un risque relativement limité et volontairement assumé, à la marge de liberté accordée à certaines activités sportives fort dangereuses et essentiellement masculines, pour mettre en évidence la règle générale du traitement spécifique des risques liés à la reproduction. Tout comme le contrôle des risques liés à la consommation d’alcool, même limité, pendant la grossesse contraste avec une attitude souvent moins rigide à l’égard d’autres types de consommation(comportements alimentaires « malsains », de la consommation de boissons gazeuses hyper sucrées, en passant par l’excès de sel dans des produits alimentaires industriels, à une nutrition trop riche en graisses animales…), bien plus importants comme problèmes de santé publique.De même, l’argument selon lequel les enfants nés de mères d’âge avancé risquent de devenir orphelins avant leur majorité n’a pas été utilisé pour dissuader les hommes de plus de 40 ans de devenir pères.

En outre, jusqu’à récemment, les débats professionnels sur l’âge de procréer ont été le plus souvent limités aux discussions sur l’âge maternel. Depuis peu, on perçoit un timide début de discussions sur le problème de l’âge paternel avancé. De telles discussions ont surgi dans le contexte d’évocation de la diminution généralisée de la fertilité masculine, attribuée par certains aux polluants, à tels « interrupteurs endocriniens » (molécules qui modulent l’activité des récepteurs des hormones sur les cellules), mais aussi de données qui indiquent que le taux des anomalies chromosomiques qu’on trouve chez les fétus (et donc de risque de malformations du fétu et handicap à la naissance) augmente avec l’âge du père dans une proportion semblable de leur augmentation avec l’âge de la mère. En outre, plusieurs études récentes ont indiqué que l’autisme et des troubles neurologiques semblent être liés spécifiquement à l’âge du père au moment de la conception. En effet, selon ces publications [25], les pères âgés de plus de 40 ans ont six fois plus de chance d’avoir des enfants autistes que les pères de moins de 30 ans. L’âge de la mère ne semble pas en revanche avoir beaucoup d’influence sur la prévalence de l’autisme. L’âge paternel semble aussi augmenter le risque de schizophrénie et des troubles d’apprentissage chez les enfants. Il reste pourtant à voir si surgira un jour une pression sur les hommes à obéir à leur « horloge biologique ».

Mais peut-être le problème des « mères âgées » est-il ailleurs – dans le pouvoir des représentations culturelles d’une masculinité indépendante de l’âge, et d’une féminité incompatible avec le vieillissement. Un homme au visage buriné et aux tempes grisonnantes qui exhibe avec fierté son dernier-né - phénomène courant chez les hommes puissants ou célèbres - ne provoque pas de réaction viscérale d’étrangeté et de rejet [26]. Ce qui n’est pas le cas pour une femme enceinte du même âge, dont l’image fut proposée dans les médias comme repoussoir - cheveux gris et ventre rond - et comme illustration des excès des techniques d’AMP.

Même à supposer que l’écart de fertilité entre hommes et femmes soit ancré dans la biologie de l’espèce humaine et ne puisse être éliminé par les progrès de la médecine, il n’en possède pas moins de multiples significations culturelles et sociales. Les femmes perdent en moyenne leur capacité reproductive plus tôt que les hommes, un « fait biologique » qui a contribué à la dévalorisation de la femme vieillissante. Par contre, elles vivent en moyenne plus longtemps que les hommes, un « fait biologique » qui n’a nullement servi pour dévaloriser les hommes vieillissants. On pourrait pourtant imaginer une société dans laquelle la perte plus précoce de la fertilité féminine serait perçue comme un événement sans grande importance, tandis que la plus grande longévité féminine serait mise en avant comme signe évident de la plus grande vitalité et résilience des femmes. La construction du déclin de la fertilité comme principale différence biologique entre hommes et femmes âgés, illustre de façon éloquente l’utilisation sélective des différences biologiques dans la reproduction des inégalités.

Publié par Mouvements, le 7 septembre 2009. http://www.mouvements.info/L-age-limite-de-la-maternite-corps.html

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1 Message

  • Merci de corriger les erreurs induites par des études non validées et dont la méthodologie est notoirement contestée.

    Pour exemple, les mythologies autour de l’autisme et l’âge des parents sont à l’évidence un biais cognitif qui laisse très interrogatif sur la qualité des recherches scientifiques dans ce domaine.

    Les études sont biaisées par des stats qui ne prennent pas en compte l’évolution du diagnostic d’autisme dans le temps. Le diagnostic d’autisme étant plus fréquent on relève plus de cas d’autisme au fur et à mesure des années et sur ces mêmes années l’âge de maternité/paternité a augmenté.

    Que ces deux tendances soient parallèles n’est pas contestable mais c’est l’augmentation du diagnostic qu’il faut comparer cad l’évolution des méthodes de diagnostic.

    A l’heure où la science devient croyance, on ne peut plus rester indifférent à la propagation de désinformations en habits scientifiques. Il devient de plus en plus important de ne pas gober les études à façade scientifique mais d’exercer un oeil critique principalement si l’on veut se présenter sous l’habit scientifique et non celui de la croyance.

    On demande aux journalistes de vérifier leurs sources, il parait raisonnable de demander ceci à tous ceux qui sont censés utiliser méthodologie et rigueur.

    Je laisse un lien au hasard sur l’exemple choisi.

    Voir en ligne : Désinformez, il en restera toujours quelque chose

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auteur Ilana Löwy
Historienne des sciences, directrice de recherche INSERM. Elle vient de publier "Pour en finir avec la domination masculine de A à Z" (avec Catherine Marry) au Seuil/ Empecheurs de Penser en Rond ; et l’année dernière, "L’emprise du genre", à La Dispute. Ilana Löwy est membre du comité de rédaction de Mouvements.

Notes

[1] La loi 2004-800 relative à la bioéthique du 6 août 2004, reprend (article L-2141-2) tels quels les termes de la loi de 1994 qui limite l’accès à l’assistance médicale à la procréation aux couples hétérosexuels stables.

[2] N. ATHEA, « La stérilité, une entité mal définie », in J. TESTART (ed.), Le magasin des enfants, Éditions François Bourin, Paris, 1990.

[3] Ce principe a été incorporé dans les lois de « bioéthique » : loi n° 94-654 du 29 juillet 1994, et maintenu dans la version révisée de 2004 (Loi 2004-800 de 6 août, 2004).

[4] S. BATEMAN NOVAES, Les passeurs des gamètes, Presses Universitaires de Nancy, Nancy, 1994.

[5] Il s’agit principalement des dangers de toute IVF : prise massive d’hormones pour induire l’hyper ovulation, laparoscopie - technique chirurgicale de prélèvement des ovules, qui comporte les mêmes risques que toute intervention chirurgicale, traitement hormonal pour favoriser la "prise" de l’œuf fertilisé, etc.

[6] Données annuelles de la FIVNAT, accessibles en ligne. http://pagesperso-orange.fr/FIVNAT.fr/ (dernières données disponibles pour 2005).

[7] C. B. COHEN, New Ways of Making Babies : the Case of Egg Donation, Indiana University Press, Bloomington, 1996.

[8] Ces conditions sont explicitées dans l’arrêté du 12 janvier 1999, « relatif aux bonnes pratiques médicales et biologiques en assistance médicale à la procréation », Journal Officiel du 28 février 1999 : 3061.

[9] Loi L-152-2 du Code de Santé Publique. Les gamètes donnés par une parente ou amie iront à une « banque d’ovocytes » qui redistribuera les gamètes à une autre femme.

[10] J. SALAT-BAROUX, D. CORNET, J. MANDELBAUM et al., « Le don d’ovocyte après les lois de la bioéthique », Bulletin de l’Académie de Médecine, Paris, 2001, 185(2), 373-384.

[11] E. BLYTH, « Patient experience of an egg sharing “programme” », Human Fertility, 2004, 7(3), 157-162.

[12] M. A. RYAN, Ethics and Economics of Assisted Reproduction : The Cost of Longing, Georgetown University Press, Washington D.C., 2001.

[13] G. BECKER « Espoir à vendre : commercialisation et consommation des techniques d’assistance médicale à la procréation aux États-Unis », Sciences Sociales et Santé, 2000, 18(4) 105-126 ; D. SPAR, The Baby Business, Harvard Business School Press, Boston, 2006.

[14] B. Steinbock, « Payment for egg donation and surrogacy », The Mount Sinai Journal of Medicine, 2004, 71(4), 255-264.

[15] A. POLLOCK, « Complicating power in high-tech reproduction : Narratives of anonymous paid egg donors », Journal of Medical Humanities, 2003, 24(3/4) 241-263.

[16] E. F.S. ROBERTS, « Native narratives of connectedness : surrogate motherhood and technology », in R. DAVIS-FLOYD et J. DUMIT, Cyborg Babies, op. cit., p. 193-211.

[17] Les Palestiniens, citoyens de l’état d’Israël peuvent toutefois bénéficier des mêmes services.

[18] S. M. KAHN, Les enfants d’Israël, l’Harmattan, coll. « Bibliothèque du fémin-isme », Paris, 2006 (2000).

[19] D. BIRENBAUM-CARMELI, « Cheaper that a newcomer : on social production of IVF policy in Israel », Sociology of Health and Illness, 2004, 26(7), 897-924. En France, le taux de réussite moyen par cycle est de 25-30 %.

[20] J. SIEGEL-ITZKOVICH, « Israel restricts fertility treatments », British Medical Journal 1999, 318, 688-689.

[21] S. M. KAHN, Les enfants d’Israël, op.cit.

[22] A. KLAUS, Every Child a Lion : The Origins of Maternal and Infant Health Policy in the United States and France, 1890-1920, Cornell University Press, Ithaca, 1993 ; A. CAROL, Histoire de l’eugénisme en France, Seuil, Paris, 1995.

[23] C. ROSENBERG, The Care of Strangers : The Rise of American Hospital System, Basic Books, New York, 1987.

[24] M. WIESS, The Chosen Body : The Politics of the Body in Israeli Society, Stanford University Press, Stanford, Ca, 2002.

[25] A. REICHNENBERTG, A. GROSS, M. WEISER, et al., « Advanced paternal age and autism », Archives of General Psychiatry, 2006, 63 : 1026-1032 ; M.C. MILLER, « Older father, autistic child », Harvard Mental Health Letter, 2006, 23 : 6-8.

[26] P. TOYBEE, Radio Times, 9-15 January, 1993, reproduit dans Efrat Tseelon, The Mask of Femininity, Sage, Londres1995, p. 94.

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