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French pride

Patriotisme dur ou nationalisme soft ?

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Nationalisme "soft" ou patriotisme "dur" ? Identité nationale, drapeau tricolore, glorification des croisades : les candidats à la présidentielle se saisissent de la question nationale pour désigner de nouveaux ennemis de l’intérieur.

Depuis que Nicolas Sarkozy a annoncé vouloir créer un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, depuis que résonne la Marseillaise et scintille le drapeau tricolore dans les meetings socialistes, c’est paradoxalement une expression anglophone qui nous revient en tête : "Say it loud, I’m French and I’m proud", sur l’air du classique soul de James Brown. Fierté d’être français portée à son incandescence dans le discours prononcé mi mars à Besançon par le candidat UMP : "Il nous faut retrouver (...) cette foi dans le génie français", cette France qui "a si souvent précédé le mouvement de la civilisation, si souvent accompli des actes exceptionnels, la France des croisades et des cathédrales, la France des droits de l’homme et de la Révolution". Introduisant un entretien entre Max Gallo, auteur récent de l’Ame de la France, et d’Alain Finkielkraut, qui vient de diriger un Qu’est-ce que la France ?, le Figaro écrit que l’identité française "attaquée par les adeptes de la repentance et ridiculisée par certaines élites" est "aussi l’objet d’un regain d’intérêt démocratique".

Comment qualifier ce "regain d’intérêt" et qu’a-t-il de "démocratique" ? Si Mouvements a souhaité publier un dossier spécial "French pride" c’est parce que la perspective d’un ministère liant le droit de l’entrée et du séjour des étrangers sur le territoire hexagonal et une notion aussi idéologiquement chargée que celle d’"identité nationale" nous a semblé marquer une scansion particulière de la campagne électorale : celle d’un usage singulier de la question nationale passant par la désignation de nouveaux "ennemis de l’intérieur" : musulmans qui "égorgent les moutons et excisent leurs femmes", immigrés "clandestins", mais aussi "racaille" des banlieues, fainéants qui plombent "la France qui se lève tôt", fraudeurs, resquilleurs qui incommodent "les Français qui paient leurs billets", juges laxistes, parents démissionaires... Le référentiel républicain des uns, le registre compassionnel des autres atténuant formellement mais renforçant en réalité la césure affective entre "eux" et "nous". Comment le nationalisme "soft" de Nicolas Sarkozy s’inscrit-il dans l’histoire des représentations politiques françaises ? Comment l’exigence démocratique d’égalité entre les sexes s’est-elle retrouvée racialisée ? Que nous enseigne le "modèle hollandais" ? Par quels moyens la République choisit-elle, parmi ses étrangers, ceux qui la méritent ? Sous quelle forme -forcément sous-terraine- le fantasme de la race continue-t-il d’habiter les imaginaires culturels et les politiques très concrètes qu’ils produisent ? Premières réponses d’Etienne Balibar, Esther Benbassa, Danièle Lochak, Sarah Mazouz et Gérard Noiriel. De quoi lancer, nous l’espérons, discussions et débats sur ce site.

Publié par Mouvements, le 3 avril 2007. http://www.mouvements.info/French-pride.html

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auteur Mouvements
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