articleEntretien avec le Groupe Activiste TransPar Existrans et Groupe Activiste TransLABORATOIRE DES LUTTES. Le Groupe Activiste Trans, créé en 2001, s’est auto dissout en 2006. Groupe d’action directe trans’, proche d’Act-Up Paris. A l’occasion de la marche de l’Existrans, nous avons voulu revenir, avec Vincent Hesay, l’un de ses fondateurs, sur l’expérience du GAT. 9 octobre 2007.
GAT : Le Groupe Activiste Trans est né en 2001. D’une urgence. Celle d’agir. Il était impératif d’agiter le vide de conscience politique du contexte militant trans’ qui se résumait globalement à des permanences téléphoniques hebdomadaires, des réunions de convivialité mensuelles, des marches annuelles, mais aussi ponctuellement des négociations avec les pouvoirs publics. Il était ainsi devenu plus que nécessaire de fédérer les revendication des transsexuel-l-e-s et des transgenres sous des revendications communes « trans’ » pour créer un début de communauté mais aussi d’effacer les discours victimisants des parcours individuels de chaque trans’ derrière la force et les enjeux politiques d’une communauté fière. La question trans’ est une question éminemment politique. La psychiatrisation des questions trans’ relève d’une décision politique comme a pu l’être la psychiatrisation de l’homosexualité il y a quelques années. Notre psychiatrisation est une décision politique qui légitime l’oppression et la répression du système straight sur notre communauté. La guerre était déclarée. Il était donc non seulement primordial de porter la question trans’ sur la place publique donc d’être présent sur le terrain mais aussi de re-définir l’identité trans’ comme une identité politique de contestation, de résistance et de transgression face à l’assignation de force dans une classe de sexe. Le GAT s’est construit sur un fonctionnement libertaire et s’est progressivement nourri des moyens d’action de luttes sociales passées et en cours ( Act-Up, le FHAR, Transsexual Menace,…) mais aussi constitué des ponts entre les luttes ( sans-papiers, féministes, lgb…) parce qu’il nous semblait évident qu’on ne pouvait politiquement pas dissocier le mouvement trans’ des différents mouvements sociaux et identitaires pour lesquels non seulement nous luttions mais aussi auxquels nous appartenions. Ainsi notre présence aux côtés et au sein d’ Act-Up Paris, nous a permis la ré-appropriation d’outils tant au niveau théoriques, que rhétoriques et pratiques en termes de lobby, d’empowerment ; d’asseoir notre légitimité par le générique SAVOIR = POUVOIR ; de créer des outils de contestations, de revendications et de visibilité mais aussi d’alerter/ d’alarmer les pouvoirs publics des enjeux éminemment dangereux des politiques psycho-socio-sanitaires appliquées à notre communauté parce que : PSYCHIATRISATION = DISCRIMINATION = CONTAMINATION . Nos types d’action consistaient en l’expression de notre colère via des actions de violences symboliques : -Empêcher l’usurpation de notre parole par des pseudos-expertEs des questions trans’ (interruptions et annulations de séminaires, de colloques sur les questions trans’ dans les hôpitaux psychiatriques, les lieux publics…) Apporter notre soutien auprès des communautés trans’ internationales (actions devant l’ambassade de suède, devant le consulat du Portugal…) Réaliser des actions de visibilité pour le Transgender Day Of Remembrance Etre pour la communauté, une boîte à outils, dont elle pouvait se saisir à tout moment par la transmission, l’échange, la réflexions des savoirs/savoir-faire/culture par : Une émission de radio mensuelle avec des invitéEs trans’ sur radiolibertaire, des archives vidéos des différentes actions disponible en copyleft et des débats sur l’actualité politique des questions trans’, par l’organisation d’assemblées générales. Mouvements : Que pensez-vous de la militance trans actuelle ? GAT : La liberté ne se réclame pas, elle se prend. Publié par Mouvements, le 9 octobre 2007. http://www.mouvements.info/Entretien-avec-le-Groupe-Activiste.html
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