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A quoi ressemblera la France de Nicolas Sarkozy ?
Réfutations, un film de Thomas Lacoste.
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Services publics, impôts, santé, libertés, politique internationale...un programme de régression sociale et de crispation autoritaire. Un film de Thomas Lacoste.
Seize militants et chercheurs analysent les politiques passées et le programme annoncé du candidat de l’UMP à la présidentielle.
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Avec, par ordre d’apparition :
Eric Fassin, sociologue et américaniste à l’Ecole normale supérieure (ENS)
Thomas Piketty, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)
Michel Husson, administrateur de l’INSEE, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales, membre de la Fondation Copernic
Anne Debrégeas, ingénieur au centre de recherche d’EDF, fédération SUD-Energie
Christian Lehmann, médecin généraliste et écrivain
Bruno Julliard, président de l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF)
Alain Trautmann, codirecteur du département de biologie cellulaire de l’Institut Cochin (Paris) et animateur du mouvement « Sauvons la recherche »
Jeanne Balibar, comédienne et chanteuse
Louis-Georges Tin, maître de conférences à l’IUFM d’Orléans, porte-parole du Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN) et fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie
Richard Moyon, porte-parole de Réseau Education Sans Frontière (RESF) et enseignant de lettres et d’histoire
Emmanuel Terray, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) et membre du Cercle Migrations et libertés (CMIL)
Nacira Guénif-Souilamas, maître de conférences à l’université Paris-XIII et chercheuse au laboratoire Experice et au CADIS (EHESS-CNRS)
Hélène Franco, secrétaire générale du syndicat de la magistrature et juge pour enfants au tribunal de Bobigny en Seine-Saint-Denis
Thomas Heams, administrateur de la C6R-Paris et biologiste maître de conférences en génomique fonctionnelle animale à l’Institut national agronomique Paris-Grignon
Susan George, présidente du conseil du Transnational Institute, ancienne vice-présidente d’ATTAC
Monique Chemillier-Gendreau, juriste internationale, professeure émérite de droit public et de sciences politiques à l’université Denis-Diderot-Paris-VII, présidente d’honneur de l’Association européenne des juristes pour la démocratie et les droits de l’homme dans le monde
Avec le soutien de :
Alterdoc, Bastamag.org, Charlie Hebdo, Confluences, Editions La découverte, Les Inrocks, L’humanité, Le Passant Ordinaire, Marianne, Politis, Mouvements, Regards, Témoignage chrétien, Vacarme
Publié par Mouvements, le 30 avril 2007. http://www.mouvements.info/A-quoi-ressemblera-la-France-de.html
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Messages de forum
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30 avril 2007 21:41, par jc
« Tourner la page de mai 1968 » : tel est l’objectif que s’est donné Nicolas Sarkozy lors de son dernier discours de campagne présidentiel le dimanche 29 avril 2007.
Mai 1968 serait à l’origine de « l’assistanat, de l’égalitarisme, du nivellement, des 35 heures ». Mai 1968, c’est aussi la liberté de la jeunesse (avec les nouvelles formes culturelles qui vont avec), la liberté sexuelle, la dépénalisation de l’avortement, une culture de la paix et de la tolérance ... Mai 1968 a bien sûr eu de nombreuses autres conséquences, dont le développement du divorce, une attente nouvelle par rapport à l’Etat par des citoyens plus instruits, et paradoxalement l’idée que chacun doit construire sa propre histoire en rupture avec la tradition et l’exemple familial...
Nicolas Sarkozy oublie aussi que mai 1968 a été un phénomène mondial. C’est mai 1968 qui a précipité la fin de la guerre au Vietnam, c’est mai 1968 qui a fait de la Californie le terreau pour le révolution informatique en cours, c’est mai 1968 qui a produit des hommes politiques comme Bill Clinton, Tony Blair ou Gerard Schröder.
Depuis mai 1968, la société a évolué, s’est enrichie. L’Europe a pris une place croissante, la société de l’information et de la connaissance a commencé à tisser sa toile, l’économie des loisirs s’est développée. Notre société est certainement plus complexe que celle des années 1968, avec des incertitudes croissantes, une exclusion plus forte. Rares sont ceux qui ne reconnaissent pas les difficultés actuelles de cette société qualifiée par les sociologues d’hyper-moderne (société où les valeurs de la modernité - famille, du travail et de l’Etat-Nation - sont toujours reconnues mais ne fonctionnent plus, alors que l’individualisme, du narcissisme et du souci du regard de l’autre prennent une importance inédite) et souhaitent ne rien changer.
Nicolas Sarkozy critique mai 1968 pour mieux s’inscrire dans une école de pensée, l’école de George W Bush. Tous deux veulent une rupture par rapport à l’hyper-modernité pour la remplacer par un modèle imaginé par quelques think tank de Washington : le néo-conservatisme. Il n’est jamais nommé mais le néo-conservatisme constitue bel et bien le cadre de pensée de Nicolas Sarkozy et de son équipe. Cadre de pensée qu’ils souhaitent voir transformé en cadre d’action. Le néo-conservatisme apporte des réponses sur l’organisation économique, la politique internationale et surtout sur la vision de l’Homme. Car il procède de la dangereuse illusion selon laquelle le politique peut modifier substantiellement les sociétés et diriger le cours de leurs évolutions. Illusion dans laquelle, on peut le dire incidemment, ont puisé tous les totalitarismes du XXe siècle qui préconisaient de bâtir un homme nouveau (y compris génétiquement) et de faire du passé table rase, avec les conséquences que l’on sait.
L’élection présidentielle française se joue donc probablement avant tout sur la vision que nous avons de l’Homme.
Est-ce que l’Homme est fait pour faire fonctionner l’économie ? Faut-il le rendre compétitif en le mettant dans un milieu concurrentiel ? Part-on du postulat qu’il existe une hiérarchie entre les hommes, du fait de leur origine (c’est à dire de leur patrimoine génétique) ? Et que la donne de base ne saurait être modifiée, ce qui permet d’ôter à l’Etat et aux pouvoirs publics le délicat soin de traiter les cas déviants ?
Ou bien, considère-t-on que l’Homme est un être d’un système social complexe, que les hommes sont différents et chacun doué de raison, que nous avons un devoir de solidarité ? Bref, que la genèse existentielle précède la génétique substantielle ?
Dans le même discours, Nicolas Sarkozy a aussi dit « Dans cette campagne, je n’ai pas été épargné [...] Ce sont exactement les mêmes que ceux qui en 1958 se sont donné le ridicule absolu de défiler contre le général De Gaulle en hurlant que le fascisme ne passerait pas. ». A d’autres époques, certains ont hurler que le fascisme ne passerait pas, dans les années 1930 puis 1940. Ils n’ont pas été entendus et le fascisme est passé. Des gens ont ensuite dû mourir pour le combattre. La Constitution de la Vème République peut conduire au « coup d’Etat ». C’est peut-être bien parce que certains ont massivement manifesté en 1958 que la vigilance a été de mise. Il faudrait relire « Le coup d’Etat permanent » et ses remarques d’une absolue justesse sur la dérive d’un pouvoir présidentiel charismatique parce qu’élu au suffrage universel direct, mais n’ayant de compte à rendre, en fin de compte, à personne, ni au peuple, ni à son émanation élective, l’Assemblée Nationale, surtout depuis la concomitance temporelle des Présidentielles et des législatives.
Combattre pour la liberté et la démocratie peut parfois être perçu comme excessif mais ce n’est jamais ridicule. C’est peut-être même le combat le plus noble qui soit.
En faisant croire que mai 1968 est à l’origine de maux de la société, de la souffrance de gens, en faisant croire ensuite qu’on peut « tourner la page », Nicolas Sarkozy joue une fois de plus sur la peur, pour l’amplifier encore. La peur est le moteur des dictatures. Elle autorise le discours abêtissant de l’homme providentiel, elle justifie la confiance absolue des aveugles dans le chef charismatique, le guide, le révolutionnaire. Mais seul un nouveau venu peut endosser, à la rigueur, avec honnêteté ce titre ; pas un politicien qui n’a vécu que pour le système dont il émane, depuis sa jeunesse, et qui sort de 5 ans de l’exercice d’un pouvoir ministériel abusif.
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sarkozy use de la peur ,ouais ok c’est vrai mais alors apres avoir lu cette article j’ai vraiment peur maintenant je vais voter a gauche,qui use de la peur ???
je rapelle que sarko et holland ont tout les deux été vainqueurs du prix iznogoud :)
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Vous mettez donc sur le même plan la peur liée à la suppression de nos libertés fondamentales et la peur dont use Mr Sarkozy pour accéder au pouvoir ?
Cette société ne tourne pas rond, décidément.
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Il est certain que cette culture de la peur qui est ainsi entretenue par des personnes non-neutres nuit clairement à leurs intérêts.
J’ai voté Bayrou au premier tour, j’hésitais encore mais toutes les tentatives de "récupération" que j’ai subi par des partisans du PS ou de l’extreme gauche me rend vraiment mal à l’aise.
Je ne veux ni un dictateur libéral, ni une caractérielle menteuse et manipulatrice. Je m’abstiendrais donc faute d’un choix cohérent.
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Sans doute, en cherchant bien, trouverions-nous des articles relatant les mêmes dangers si S. ROYALE devient Présidente de la République. Il n’empêche que, parlant de la vie sociale en France, l’élection de N. SARKOZY, dictateur en puissance, verra la fin des avancées tendant à réduire les inégalités.
Votantes et votants, ne vous trompez pas de bulletin, vous porteriez une part de responsabilité importante de ces changements. Et si, malgré tout, vous le faites, préparez vous à augmenter vos dons aux restos du coeur !!!
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J’ai voté Royal, avec dégout, comme en 2002 pour Chirac.
Comme tant d’autres, j’ai voté "contre". Parce qu’élire Sarkozy représente, je pense, la pire menace qui soit contre une démocratie déjà largement battue en brêche.
Je ne crois pas en mme Royal, pantin illusoire, et reste persuadé que le peu de programme annoncé, en dehors d’annonces émotionnelles sans portée, reste incohérent et stérile : encore une fois, la gauche n’est pas prête, n’a pas de programme, ne propose rien.
Etant dans l’opposition, la gauche n’a rien fait : la critique sans proposition n’a pas de portée politique.
Maintenant, nous avons à voter pour les législatives, seul moyen de sauver un minimum de contre pouvoir : que fait le PS ? Il s’entredéchire. Que fait le PC ? Il est mort, hélas.
Le peu qui reste à sauver va se jouer lors de ces élections de juin. Ne nous trompons pas : notre seul pouvoir est dans l’urne, après, nous ne pourrons que subir le résultat.
J’ignore pour qui je voterai : mon bulletin ira, suivant les éligibles, pour celui ou celle qui aura le plus de chance d’être un barrage efficace contre ce qui nous attend.
Daniel
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6 mai 2007 10:19, par Ringolevio
Pourquoi reprendre le nom exact que les zapatistes ont donné au nouveau cap qu’ils ont pris au Mexique, en se démarquant radicalement de la campagne électorale alors en cours (en 2006) ?
Quelle sorte de confusion recherchent les animateurs de cette prétendue Autre Campagne en France en appelant finalement à voter pour Ségolène Royal ?
Les élections sont passées au Mexique, l’Autre Campagne continue et les délégués de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) l’animent à travers le pays : c’est une nouvelle forme d’organisation sociale, menée de la base même du pays, par celles et ceux qui n’ont rien.
On peut voir, dans le document réalisé par M. Lacoste, que ce sont au contraire l’avis des "experts", des gens instruits, des spécialistes... qui intéresse les animateurs de cette campagne qui n’a rien d’"autre".
C’est bien parce qu’il n’y a aucun renversement de perspective dans cette démarche, confusionniste dès l’origine, qu’elle est vouée à l’échec.
Ringolevio
Voir en ligne : L’Autre Campagne
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