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Lilian Mathieu

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Bourdieu : réceptions et appropriations

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L’appropriation du savoir sociologique par les acteurs peut-elle contribuer à une évolution de leurs représentations et de leurs pratiques ?

"Une censure bien visible"

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Les analyses que Pierre Bourdieu – et plusieurs sociologues de son école – a produites du monde des médias ont donné lieu à de vives polémiques. Les plus véhéments de ses contempteurs, occupant souvent les positions les plus en vue du champ journalistique, ont dénoncé comme relevant d’une « haine des médias » ce qui était avant tout une critique de l’hétéronomie grandissante d’un univers soumis aux exigences de rentabilité des grands groupes de presse. L’entretien qui suit, réalisé auprès d’une jeune journaliste, valide largement les analyses bourdieusiennes en soulignant l’influence délétère de la dépendance économique et de la précarité de l’emploi sur la production de l’information.

« Le dévoilement de la domination va peut-être permettre de lutter contre cette domination »

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Inaugurée en 1964 avec la publication (avec Jean-Claude Passeron) des Héritiers, l’analyse de l’école constitue un des éléments centraux de l’œuvre de Pierre Bourdieu. Cet entretien avec une jeune agrégée de sciences économiques et sociales interroge directement la capacité de la sociologie à dépasser le simple constat d’une école, instance de reproduction des inégalités sociales, pour davantage offrir les instruments de lutte contre la violence symbolique dont l’institution scolaire est le cadre. Ce sont ainsi les pertinences, mais aussi les limites (inhérentes notamment à un certain misérabilisme), de la sociologie critique de Bourdieu qui sont ici soulignées.